Pendant quelques jours une cohorte d’invités ont blogué et twitté dans le grand amphi du casino d’Ax les Thermes (Mario parle de brigade). Bien sûr ce n’était pas une première parce que les colloques universitaires intègrent maintenant la dynamique de réseaux sociaux. Je peux citer cette année les journées d’Autrans, le colloque E.learning de Lyon 3, La rencontre avec Sophie Pène organisée par Christophe Batier à Lyon 1, les journées SPIRAL CONNECT de Lyon 1 aussi, les journées Paris V Diderot sur second life.
La grande innovation de Ludovia est d’avoir institutionnalisé Twitter, d’avoir missionné des invités pour rendre compte des divers ateliers. Twitter semble bien installé dans les pratiques, que ce soit de façon informelle ou formelle. Pourtant si twitter fait son nid, il me semble qu’il y a encore une marge de progrès, que nous sommes encore dans une période de bricolage, de tâtonnement. Ce média social bouscule les pratiques, il s’est introduit par effraction et il est nécessaire de reconfigurer les pratiques.
Cette année sur mon blog d’analyse j’avais déjà évoqué le cas twitter dans les colloques. J’avais proposé le schéma suivant (ci-dessous)
Que constate t-on ? Il y a une géographie humaine dans les colloques, on se place en fonction de ses intentions et de son équipement. Les participants souhaitant utiliser leur ordinateur se placent à proximité des prises électriques. Ludovia n’a pas échappé à cette constante. Certes nous étions placé devant pour une raison symbolique évidente mais pas seulement. Au premier rang sur le sol un entrelacs de câbles et de multiprises permettait d’alimenter la noria d’ordinateurs. Qu’en était-il du reste de l’amphithéâtre ? J’ai vérifié, il y avait peu (voir pas du tout) de prises pour les participants installés hors les premiers rangs. Ce n’est pas un constat en forme de réquisitoire mais simplement un cas fréquent. Les amphi ont été construits à une époque pré numérique.
Malgré tout Twitter a été un élément central de diffusion de l’actualité de Ludovia, les débats s’invitaient hors le colloque. Nous avons pu constater que les RT étaient nombreux, que les questions étaient posées dans la salle mais aussi hors la salle (modification du paradigme temps et espace). Cependant … il m’a semblé qu’il y avait un frein. Comment faire pour retransmettre la richesse des flux à l’intérieur du colloque ? C’est à mon sens le point faible. J’ai évoqué par tweet la nécessité ce créer une nouvelle fonction, celle de “community manager de colloque” (médiateur en français). Un personne chargée de faire la synthèse des questions, des réactions “on line” et pouvant poser les questions aux intervenants. De cette façon le colloque entrerait complètement dans l’interactivité. Il est une certitude un colloque c’est une activité intellectuelle dans mais aussi hors les murs. Le rôle du “community manager” me paraît indispensable pour réaliser une synthèse des questions posées en ligne et opérer une relance. A défaut de relais dans l’amphithéâtre la question posée à de forte chance de rester lettre morte. J’ai souvent lu dans les colloques les gazouillis déçus du manque de relais d’une question.
Autre question faut-il afficher le mur de tweets en direct pendant le colloque , en temps réel ? Sur ce point je suis plus réservé. Je crains qu’il ne soit un élément perturbateur qui nuise à la qualité de débats. C’est la raison pour laquelle le “community manager” (médiateur) a toute sa place. Il faut que les organisateurs dans la programmation en amont prévoient un temps pour répondre aux questions du public extra muros.
En conclusion je procèderais sous forme de paradoxe - Twitter est un outil de l’immédiateté qui impose que l’on programme, que l’on anticipe son usage. A cette condition twitter est LE média de l’interactivité par excellence.
En résumé : Le thème de Ludovia était interactivité et création : Interactivité je viens d’essayer de le démontrer ci-dessus avec les fonctionnalités de l’outil Twitter et création parce que les organisateurs ont probablement posé la pierre d’une pratique nouvelles dans les universités d’été (nous suivrons avec attention les pratiques cette année)
Voici quelques propositions graphiques que j’avais élaborées cette année
En complément ce ce billet une vidéo causerie de Christophe Batier et Mario Asselin sur le CM
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Tout à fait d’accord avec l’idée que twitter peut devenir un outil de feedback avec la salle, à condition effectivement d’identifier un rôle de médiateur (plutôt que community manager) entre le monde virtuel et les intervenants, comme je l’écrivais, en réaction à votre tweet de la semaine dernière, dans le billet “échanger avec la salle”
Sur la présence du mur de tweets, il me semble que sa présence peut avoir un effet d’entrainement, et qu’il est apprécié par l’auditoire.
Quant aux prises électriques et à la connexion wifi, il reste à convaincre nos institutions de leur utilité, ou de prier pour que les avancées technologiques rendent l’autonomie aux utilisateurs.
Bonjour Jean-Marie,
Merci pour ce commentaire.
Tout d’abord merci d’avoir mis en lien votre billet, il m’avait échappé. Il est très intéressant et conforte mes analyses. J’essaye de me contraindre à ne pas jargonner anglais mais j’ai des rechutes fréquentes
Le mur de gazouillis peut effectivement avoir un effet d’entrainement mais on est jamais à l’abri d’un internaute “mauvais coucheur” et il me semble que le filtre du médiateur évacue ce risque. Il me semble inutile de déstabiliser un intervenant inutilement.
Cordialement
jpm
Comme un internaute signera sur twitter, il me semble que le risque est peu important. Par ailleurs, il sera vite noyé dans le reste de la conversation et visible par tous les gazouilleurs de la salle.
Par expérience, l’ouverture maximale semble le meilleur rempart contre les excès. Et si les intervenants ont déjà utilisé de tels outils, il me semble inutile de les surprotéger (il me semble que cela a fait l’objet d’un échange sur le fil de #ludovia2010 la semaine dernière).
et merci pour votre relais depuis Ax.
JmG
Pas d’angoisse de la prise de courrant pour moi à Ludovia avec mon iPad…
@JMG signer sur twitter oui mais à condition de se nommer par sa véritable identité (il est possible de se créer un profil pour les besoins du moment). Cette année j’ai assisté à un colloque ou un internaute (bien identifié) tapait dur. Il a fallu l’intervention d’un modérateur pour calmer le jeu.
@Lyonel Kaufmann Même si tu mets une dose d’humour dans ton commentaire, une des solutions est certainement :
1 – l’évolution des batteries
2 – la vision des architectes pour les nouveaux amphis.
Les hôteliers ont compris cet enjeux, le moindre petit hôtel te propose maintenant le wifi et très souvent même te prête un câble RJ 45. Ils se sont adaptés en un temps record.
Bien à vous
jpm
Au-delà de mon clin d’oeil et d’un passage amical: l’évolution de smartphones et des tablettes rendra peut-être ce souci de la prise électrique transitoire en milieu scolaire et académique. Surtout par rapport aux digital natives.